Histoire

du château d’Armaillé

dit La douve

(appelé parfois la Turpinière)

René Cormier, comte de Fontenelle, a acheté une partie de la maison seigneuriale métairie domaine de la Douve le 2 juillet 1565 pour une valeur de 600 livres et 12 écus en vin de marché.

Le 2 juillet 1571, Jehan du Breil, seigneur de Mainberte a vendu à René Cormier, seigneur de la Fontenelle ainsi qu’à ses sœurs une partie du lieu de la Douve avec droit de réméré (possibilité de racheter une propriété vendue par le vendeur) dans les 9 ans. Peu après, Jehan du Breil introduit un procès dans le but d’annuler la vente car il considère avoir été trompé sur le prix de vente. Afin de mettre fin au procès, les Cormiers versent à Jehan du Breil la somme de 170 Livres le 18 Septembre 1574. Il achète à nouveau à Jehan Dubreuil, le 28 juillet 1576, une autre partie de la métairie de la Douve qui lui-même la tenait de François et Anne Aubry (Frère et Sœur). .

jardin
photo château de trois-quart

Claude Cormier seigneur de la Douve (1637-1670) le fils de Claude Cormier achète les lieux à son frère François Cormier le 20 septembre 1653 pour 5000 Livres et en 1672 après sa mort Françoise Cormier (veuve de Jacques Grandet, lieutenant de la Maréchaussée d’Anjou) en est la légitime héritière.

En 1784, à la mort de Marie Louis de Goureau de la Blanchardière (le 5 janvier) alors propriétaire, Etiennette Catherine Françoise Goureau en hérite. 

La propriété échoit par la suite à son petit-fils, le marquis d’Armaillé.

Le château se situe sur les terres d’un ancien fief relevant de la Roche d’Iré. C’est au départ une petite maison seigneuriale, avec une métairie. 

Entretemps est passée la révolution et c’est en 1793 que moururent (pendant les guerres de Vendée) les seigneurs de la Douve, Mr et Mme d’Armaillé. Ils sont laissé cinq enfants dont le général René d’Armaillé, qui avait émigré avec ses frères en 1791. Comme eux, il fit partie de l’armée des princes, destinée, pensaient-ils, à sauver la Royauté.

Son plus jeune frère, Ambroise Louis Henri de La Forest d’Armaillé, qui avait aussi émigré en 1791, (1820-1892) devient propriétaire de la Douve. Sa grand-mère étant Etiennette Catherine Françoise Goureau. Il se marie le 8 mai 1866 à Gabrielle de Buisseret-Steebecque de Blarenghien. Relativement désargenté, c’est grâce à ce mariage et à la fortune de sa femme qu’il entreprend la construction du château de la Douve.

Henri d’Armaillé fait appel à l’architecte Auguste BIBARD pour la construction du château vers 1871-1874. On y adjoint une chapelle vers 1880. Il présente les armoiries des familles d’Armaillé et de la Blanchardière sur le fronton de la façade principale.

Il s’agit donc d’une construction ex-nihilo sur une éminence topographique dominant la Verzée, le château de la Douve adopte un plan masse quadrangulaire où les pièces de service sont placées en sous-sol. Le corps central, couvert en croupe, est cantonné de quatre pavillons. Les élévations sont rythmées par des avant-corps en ressaut couronnés au niveau du comble par un large fronton cintré, à l’est, et un haut pavillon à l’ouest.. 

Le Trésor de la Douve.

Auguste-Médard de la Forest, chevalier d’Armaillé, officier au régiment Royal-Marine et aide-de-camp du général marquis de Rougé. Il avait épousé Mlle Etiennette Goureau de la Blanchardière, dont il eut quatre garçons et cinq filles : Auguste, Ambroise, René, Joseph, Hyacinthe, Camille, Cécile, Charlotte, et une autre dont le nom a été oublié, et qui fut arrêtée avec sa bonne dans une ferme de la Douve appelée la Mabouillère.

Lors du soulèvement de la Vendée, cette bonne avait caché une somme considérable et l’argenterie appartenant à ses maîtres.

Un patriote du Bourg-d’Iré, nommé J…, employa tous les moyens pour lui faire trahir son secret, et, ne pouvant y parvenir, la dénonça au Comité de salut public, qui la fit arrêter et enfermer à Angers, dans l’ancien couvent du Calvaire, transformé en prison.
Là encore, on essaya en vain de lui arracher quelques indications sur le trésor.

On lui enleva alors la petite d’Armaillé, âgée de trois ans, pour la confier au geôlier, chez qui elle mourut de faim et de chagrin.
La bonne fut exécutée peu de temps après ; les seules paroles qu’elle consentit à prononcer furent celles-ci : “Lorsque mes maîtres reviendront, vous leur direz que le trésor est caché dans un endroit sur lequel on passe tous les jours.”

Source : shenandoahdavis.canalblog.com

Il possède un escalier à l’italienne à l’avant et deux pavillons à toits pointus (toits de quatre pans en forme triangulaire sans courbure avec sommet pointu ou en faitage court sur un corps de bâtiment de forme carré) de chaque côté.

Il est de style néo-Louis XII, tendance architecturale très en vogue dans la seconde partie du XIXème siècle.

Les pièces de service sont placées en sous-sol. Le rez-de-chaussée est surélevé et le château ne possède que deux étages, le dernier étant dans les combles. Son architecture est mise en évidence par :

 

  • le tuffeau (pierre de taille tendre utilisée pour les décors de l’architecture de la Renaissance),
  • la pierre de taille,
  • le bossage (ornement de façade par saillies des pierres taillées en cisaille ou des joints entre les pierres à partir de la Renaissance) notamment au niveau des pilastres (support de bâtiment rectangle terminé par un chapiteau et incrusté dans un mur),
  • les chaînages (partie rigidifiant un mur) harpés autour des baies (fenêtre et portes) et aux angles des deux pavillons de chaque coté,
  • frontons décorés de sculptures au dessus des fenêtres et des lucarnes.René Cormier, comte de Fontenelle, a acheté une partie de la maison seigneuriale métairie domaine de la Douve le 2 juillet 1565 pour une valeur de 600 livres et 12 écus en vin de marché.
  • Les briques et la pierre de taille, typique du stèle Lois XIII constituent ensemble un contraste très tranché.

Pendant la dernière guerre,  des petits parisiens en colonie ont séjourné en permanence au château, dont de nombreux enfants juifs. Ils n’ont jamais été dénoncés et il y a quelques mois, une survivante est revenue saluer la propriété où elle avait séjourné.
Les nazis occupaient alors le château de Falloux à quelques centaines de mètres.

Au XXème siècle, le château est vendu et acquis avant la seconde guerre mondiale par la Compagnie des wagons-lits, créée par le belge Nagelmackers, qui décide de transformer le bâtiment en hôtel-restaurant pour finalement y accueillir des colonies de vacances.

Groupe scolaire qui a séjourné au château il y a 50 ans et est revenu en novembre 2018

Le château est alors largement amputé de ses éléments décoratifs intérieurs comme les cheminées. Vendu finalement par les wagons-lits, par la suite les propriétaires successifs se sont attachés à lui rendre son lustre d’antan.

Au château s’est adjoint une chapelle dans les années 1880.

Il est actuellement la propriété d’un avocat belge retraité, passionné d’histoire et d’arts décoratifs qui s’attache à lui redonner vie en respectant ses éléments historiques.

Le château du Patys à Marans

Château du Patys

Le château du Patys à Marans

René BAZIN

Hervé BAZIN

Sur la route des écrivains

 

A 9 km du château la Douve dans le Maine et Loire se trouve le village de Marans*. C’est là que se situe la maison natale d’Hervé BAZIN .

Dénommée un peu pompeusement château du Patys, elle lui inspira le livre Vipère au poing qui fut un moment l’un des romans en langue française le plus lu.

L’écrivain René BAZIN, grand oncle d’Hervé, avait été propriétaire de cette demeure qu’il avait beaucoup aimée. Il a décrit cette demeure dans son livre Ma Tante Giron (1884).

« Bien des fois je me suis arrêté, pleurant presque d’admiration, devant quelque beau spectacle des champs, et alors je me suis mis à genoux pour remercier Dieu d’avoir fait les campagnes si belles, et mon âme capable de les comprendre ».


Herbé BAZIN, qui deviendra propriétaire des lieux, y sera malheureux, les décrira de façon sévère dans Vipère au Poing, puis dans la Mort du Petit Cheval et Le Cri de la Chouette.

Il est ainsi paradoxal qu’à deux générations d’écart, un même lieu inspire des sentiments totalement contradictoires au grand-oncle et au petit-neveu.

En 1917, les parents d’Herbé BAZIN étaient partis en Indochine. Il reste seul avec sa grand-mère. Au retour des parents, le premier geste de sa mère est une grande gifle.

Il vouera à partir de là une haine farouche à l’encontre de sa mère, de sa famille et des traditions religieuses très vives dans le pays segréen.

Il vendra d’ailleurs le Patys en 1961.
En 2018, la propriété est de nouveau en vente, et ne trouve pas d’amateur.

* Fait partie comme le Bourg d’Iré où se trouve le château la Douve de Segré appelé Segré en Anjou bleu